étude du rythme

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Message  mellemercier le Lun 17 Nov - 19:43

voici un petit exercice pour compléter ce qu'on a vu en cours (je l'ai pris sur un site génial, il n'est pas de moi):


Plaidoyers et réquisitoires demandent une utilisation particulièrement talentueuse de la syntaxe, et ce qu'on appelle l'éloquence tient sans doute davantage à ce talent qu'au pouvoir réel de conviction des arguments qu'on emploie.

a - la phrase oratoire

Vous pourrez dans ces exercices vous inspirer des techniques de la phrase oratoire (qu'on appelle aussi la période) dont le souffle particulier peut être représenté ainsi :


Observez la phrase suivante :


Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes amateurs passionnés de la beauté, jusqu'ici intacte, de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l'art et de l'histoire français menacés, contre l'érection, en plein cœur de notre capitale, de l'inutile et monstrueuse Tour Eiffel, que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d'esprit de justice, a déjà baptisée du nom de "Tour de Babel".
(Les artistes contre la Tour Eiffel, Le Temps, 14 février 1887)

Vous pourriez aisément contracter cette phrase en une formulation équivalente et non oratoire qui dirait : « Nous protestons contre l'érection de la Tour Eiffel » ! Mais il s'agit ici de dramatiser l'énoncé :
- Identifiez les éléments constitutifs de la protase (énumérations, rythmes binaires, expansions du nom) qui constituent des effets dilatoires (retardants) jusqu'à l'acmé. Où situez-vous celle-ci ? Faites la même recherche à propos de l'apodose et montrez comment elle nous amène à la chute finale (la clausule) des mots "Tour de Babel", aux connotations péjoratives (lesquelles ?).

- Même consigne pour la phrase suivante :

Les combattants frénétiques de la guerre sans merci avaient soudainement vu, en face de tous les forfaits, de tous les attentats, de tous les fanatismes, de l'assassinat, de la vengeance attisant les bûchers, de la mort arrivant une torche à la main, au-dessus de l'énorme légion des crimes, se dresser cette toute-puissance, l'innocence.
Victor Hugo, Quatre-vingt-treize, 1873.

- Même consigne pour la phrase suivante, dont vous ferez au préalable une analyse grammaticale :

Tant que les hommes se contentèrent de leurs cabanes rustiques, tant qu'ils se bornèrent à coudre leurs habits avec des épines ou des arêtes, à se parer de plumes et de coquillages, à se peindre le corps de diverses couleurs, à perfectionner ou embellir leurs arcs et leurs flèches, à tailler avec des pierres tranchantes quelques canots de pêcheurs, ou quelques grossiers instruments de musique, en un mot, tant qu'ils ne s'appliquèrent qu'à des ouvrages qu'un seul pouvait faire et qu'à des arts qui n'avaient pas besoin du concours de plusieurs mains, ils vécurent libres, sains, bons et heureux autant qu'ils pouvaient l'être par leur nature et continuèrent à jouir entre eux des douceurs d'un commerce indépendant, mais dès l'instant qu'un homme eut besoin du secours d'un autre, dès qu'on s'aperçut qu'il était utile à un seul d'avoir des provisions pour deux, l'égalité disparut, la propriété s'introduisit, le travail devint nécessaire et les vastes forêts se changèrent en des campagnes riantes qu'il fallut arroser de la sueur des hommes, et dans lesquelles on vit bientôt l'esclavage et la misère germer et croître avec les moissons.
J.J. Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755).
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